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Incendies et sécheresse 2026 : ce que ça change pour la chasse, la pêche et la survie en plein air

Depuis janvier, plus de 50 000 hectares sont partis en fumée en France. C’est un niveau que le pays n’avait plus connu depuis plus de cinquante ans. Les feux de Gironde et des Landes ont à eux seuls détruit plus de 42 000 hectares du massif des Landes de Gascogne à la mi-juillet, forcé l’évacuation de 220 000 personnes et mobilisé plus de 2 500 sapeurs-pompiers venus de toute la France et de plusieurs pays voisins. Un incendie a ravagé plus de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau, à moins de 60 km de Paris. L’Aude, l’Hérault, le Var et la Drôme cumulent les départs de feu depuis le printemps, et six départements du sud sont en alerte rouge depuis le 1er juillet.

La sécheresse suit la même trajectoire. Trois canicules successives, en mai, juin et juillet, ont laissé 99 départements sur 101 sous restriction d’eau à la mi-juillet. Pour qui pratique la chasse, la pêche ou le bushcraft, ces chiffres se traduisent très concrètement par des arrêtés préfectoraux qui ferment des rivières, limitent certains modes de chasse et interdisent purement et simplement le feu de camp dans plusieurs départements. Voici où en sont les choses, secteur par secteur.

Chasse : des restrictions locales et un débat qui monte

Une pétition sur Change.org demande aux pouvoirs publics de déclarer les zones incendiées interdites à la chasse pour une durée minimale de deux ans, le temps que la faune et les milieux se reconstituent. La demande reste pour l’instant une pétition, pas une mesure réglementaire, et son sort dépendra des décisions prises département par département. Elle illustre en tout cas la tension entre pratique cynégétique et gestion post-incendie qui traverse cet été.

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Sur le terrain, ce sont les arrêtés préfectoraux liés au risque incendie qui s’appliquent concrètement, et ils varient fortement d’un département à l’autre. En Vendée, la fédération des chasseurs a diffusé aux adhérents les mesures d’un arrêté entré en vigueur en juin et prolongé jusqu’au 26 juillet. Seul l’usage des armes à feu y est concerné : les autres modes de chasse restent praticables normalement. Des dispositions particulières encadrent la chasse au sanglier, l’espèce la plus chassée en battue l’été : en période de risque élevé (niveau orange), elle n’est autorisée à l’arme à feu que dans la bande des 200 mètres en lisière de bois et forêt, entre l’heure légale de début de chasse et midi. L’accès du public aux bois et forêts est lui-même restreint entre midi et minuit. S’y ajoutent des consignes de sécurité strictes : interdiction absolue de fumer, stationnement des véhicules hors des zones boisées et sur des emplacements sans végétation sèche, téléphone portable chargé et à portée de main pour alerter les secours, rappel systématique de ces règles au briefing avant chaque action de chasse.

Chaque fédération départementale adapte ses propres règles selon le niveau de risque local, avec des variantes sur les horaires et les modes concernés : le dispositif vendéen n’est qu’un exemple parmi d’autres. Avant de partir, mieux vaut vérifier l’arrêté en vigueur auprès de sa fédération départementale plutôt que de se fier à l’expérience des étés précédents. La chasse au sanglier est particulièrement concernée cette saison, vu la place qu’elle occupe dans les arrêtés de restriction.

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Pêche : des rivières entières fermées à la sécheresse

Côté pêche, la situation est tout aussi concrète. Le 8 juillet, le préfet de la Creuse a signé un arrêté suspendant la pêche sur l’ensemble des cours d’eau classés en première catégorie piscicole du département, ainsi que sur plusieurs affluents du bassin du Cher. La mesure fait suite à cinq mois consécutifs de déficit de précipitations, qui ont fait chuter les débits à des niveaux jugés critiques par les services de l’État. Les bassins versants de la Creuse, du Cher et de la Vienne sont désormais classés en situation de crise, le niveau le plus élevé de l’échelle de restriction, tandis que le bassin de la Dordogne se trouve en alerte renforcée. Seuls les grands plans d’eau du département, comme Vassivière ou Lavaud-Gelade, conservent pour l’instant un niveau suffisant pour la pêche.

La Creuse n’est qu’un exemple parmi les 99 départements sous restriction d’eau à la mi-juillet : chaque préfecture peut, selon l’état de ses cours d’eau, suspendre la pêche sur tout ou partie de son réseau, parfois avec très peu de préavis. Le réflexe à prendre avant toute sortie cet été : consulter l’arrêté préfectoral de son département plutôt que de partir sur la base d’une carte de pêche valide, qui ne suffit plus à elle seule. Le guide pour bien débuter la pêche en France détaille les bases de la réglementation, mais elle ne remplace pas la vérification de l’arrêté du moment sur un cours d’eau donné.

Bushcraft et feu : ce qui est interdit cet été

Le feu de camp, cœur de toute pratique du bushcraft, est justement le premier geste concerné par les arrêtés de restriction. Dans la Loire, la préfecture a interdit l’allumage et l’usage de barbecues, braseros, méchouis et feux de camp à combustible solide sur l’ensemble du département. Ce type d’interdiction totale, valable pour tout combustible solide et pas seulement pour le feu en forêt, se retrouve dans de nombreux départements classés en risque incendie élevé cet été.

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Concrètement, avant d’allumer quoi que ce soit en extérieur, mieux vaut vérifier l’arrêté préfectoral en cours plutôt que de se fier à une règle générale du type « 200 mètres de la forêt » ou « pas de vent », qui ne suffit plus dans un contexte de sécheresse aussi marqué. Les sites des préfectures publient ces arrêtés, tout comme certains services de vigilance météo. Le guide bushcraft et survie en pleine nature détaille les techniques d’allumage du feu, mais leur application reste conditionnée à ce que la réglementation locale autorise ce jour-là.

Ce qu’il faut retenir avant de partir sur le terrain

Trois activités, trois types de restrictions, un seul point commun : elles changent vite et varient d’un département à l’autre. En 2026, mieux vaut ne pas partir sur le terrain en se fiant aux habitudes de l’an dernier. Un premier tour d’horizon de la situation nationale avait déjà été fait en 2023 sur les conséquences des incendies pour la chasse : la logique reste la même, mais l’ampleur de la crise 2026 change l’échelle du problème. Pour qui prépare une sortie de chasse, de pêche ou de bivouac cet été, la question à se poser n’est plus « est-ce que c’est autorisé d’habitude », mais « qu’est-ce que dit l’arrêté de mon département aujourd’hui ».

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